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Hemel

Deux amants au petit matin, dont les enfantillages n’ont rien d’innocent, filmés d’une manière tout à la fois crue (nudité frontale) et sensuelle (lumière douce, flous artistiques) : dès la première scène, Hemel impose sa singularité et vient buter sur l’énigme de son actrice. Tour à tour espiègle, fragile, délurée, acide, insouciante ou impénétrable, la jeune Hannah Hoekstra porte le film de bout en bout, dessinant le subtil portrait de cette femme-enfant rongée – condamnée ? – par un Œdipe insurmontable. Hemel, qui signifie “ciel” (au sens de paradis) en néerlandais, assume difficilement son prénom. Sa vie serait en effet plus proche d’une version feutrée de l’enfer. Orpheline de mère, elle multiplie les relations sans lendemain, au risque de l’autodestruction, et jalouse continuellement son père, avec lequel elle entretient une relation fusionnelle, limite incestueuse, qui l’empêche de se construire. Découpé en chapitres distincts, comme autant de scènes closes sur elles-mêmes, le film déploie son récit par des fragments épars, tentant d’approcher, à la manière d’un portrait cubiste, les multiples facettes de son héroïne. Le regard que la réalisatrice Sacha Polak porte sur son personnage, juste et tendre, n’évite malheureusement pas quelques afféteries d’auteur (le goût du non-dit, l’alternance systématique de jump-cut et de plans séquences aux allures de performance). Ainsi, au fur et à mesure que se complète le puzzle-portrait, ce premier film se fait par trop psychologisant, perdant en mystère ce qu’il gagne toutefois en cohérence. Il n’empêche : rarement le trouble de la relation père-fille aura été abordé avec autant de pertinence. _C.L.