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Halam Geldi

“Halam geldi” signifie “ma tante est arrivée”, phrase a priori anodine, qui résonne pourtant comme un coup de canon aux oreilles des adolescentes d’un petit village chypriote, où vit une importante communauté turque. En effet, cela signifie qu’elles sont désormais réglées, et par conséquent promises au mariage avec l’un de leurs cousins. Elles seront alors déscolarisées et devront se montrer dociles. Pour son deuxième long métrage (le premier, Çakal, n’avait pas été distribué en France), Erhan Kozan prend le parti de dénoncer avec véhémence une coutume absurde et criminelle – les robes de mariée s’apparentent ici à des linceuls -, et d’utiliser pour cela le contraste entre la beauté des images et l’horreur de la situation. Il croise les tragiques destinées de trois jeunes gens abandonnés à leur sort par des parents écrasés sous le poids des traditions. Nonobstant une mise en scène très léchée et une photographie tirant profit des superbes paysages de Chypre, Kozan signe néanmoins une œuvre inégale. Lyrique et grave, doté d’une certaine poésie, Halam geldi abuse du violon et des effets dramatiques, notamment dans sa seconde partie. Ainsi finit-il, faute de subtilité, par s’étirer en longueur. En outre, les interprètes sont globalement peu convaincants, à l’exception de Miray Akay, juste et bouleversante. En dépit de ses maladresses, ce récit sur la perte de l’innocence – celle de ses deux jeunes héroïnes – a au moins le mérite de faire la lumière sur une tradition toujours en vigueur, qui bafoue la liberté des femmes et les force à un mariage consanguin. _G.A.