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Grandes Ondes

Reprenant l’idée chère à Lubitsch qu’une comédie doit s’opposer à la gravité d’une situation politique, Lionel Baier plante son décor au Portugal au moment où la révolution des Œillets va balayer la dictature salazariste. Inspiré par son expérience en République tchèque (Comme des voleurs), ce neuvième long métrage du cinéaste suisse embarque, pour partie, le spectateur dans la liesse populaire du 25 avril 1974. Deuxième volet d’une tétralogie à venir, Les Grandes ondes rappelle avec légèreté que les démocraties récentes, le Portugal notamment, sont nées de “l’idéal européen”, désormais si malmené. Un duo de pieds nickelés de la SSR – flanqué d’un vieux preneur de son – part en reportage pour évaluer les résultats de la coopération suisse, qui s’avèrent en tout point calamiteux. Écrit dans l’esprit de la comédie des années 1960-70, le film en adopte avec succès l’humour et le rythme, auxquels s’ajoute, grâce au jeu des comédiens notamment, une patine vintage. Michel Vuillermoz en vieux goujat, roublard amnésique dont les contresens linguistiques sont irrésistibles, Valérie Donzelli en féministe énergique, Patrick Lapp en partouzeur au flegme aussi britannique que vaudois, défendent becs et ongles qualités et défauts de leurs attendrissants personnages. Humour ambiant augmenté d’une touche poétique propre au réalisateur (le cheval fantomatique, le crabe sur la plage déserte, le plan-séquence de Cauvin bouclant la sandale de Julie). Mais c’est la scène de liesse du 25 avril aux cadres soignés, chorégraphiée, au croisement du fado et de West Side Story, sur une musique (omniprésente) de Gershwin, qui conquiert définitivement le public. _M.T.