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Grand Cahier

Adaptation fidèle du volume inaugural de la trilogie de Agota Kristof – fidèle en ce sens que le film de János Szász n’est pas plus “aimable” que ne l’est le roman d’origine -, Le Grand cahier met en scène une fratrie gémellaire dont la guerre et l’immémorial fond de barbarie humaine qu’elle ranime vont profondément altérer la psyché, la conscience morale et les capacités d’empathie. S’il s’abstient de nommer les jumeaux – Claus et Lucas pour mémoire, anagramme sans bavure – le film parvient précisément à donner la sensation que les deux frères composent une seule et même entité ou, pour raison garder, que leurs corps respectifs et leur identité propre sont interchangeables. Ce à quoi les jeunes comédiens, András et László Gyémánt, ne sont sans doute pas étrangers. Le fameux cahier qui donne son titre au film, impressionnant herbier de la cruauté, outre qu’il témoigne d’une vision, fait preuve d’un graphisme parfait, d’un sens avéré de la mise en scène. Pourquoi, dès lors, le film se montre-t-il si rétif à l’idée de nous gagner à sa cause ? Parce qu’il dépeint une enfance aux antipodes du monde enchanté que constituerait celle-ci, sirop dont on finit par être écœurés ? Non. La raison de ce désamour trouve probablement son origine dans la succession de scènes répétitives, non pas en termes de récit, mais dans la signification, absolument univoque, dont celles-ci sont le vecteur. Pour le dire à la hussarde, au bout d’un moment on a compris : on attend la suite. Persiste également l’impression qu’à peu de chose près le film prend fin là où il pourrait commencer. Mais il semblerait que János Szász s’apprête à tourner la suite… _R.H.