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Grand Budapest Hotel

On avait laissé Wes Anderson sur la fugue amoureuse et contrariée des petits adolescents de Moonrise Kingdom. Deux ans plus tard, le cinéaste vient se ressourcer en Europe, avec une œuvre cosmopolite comme il en a le secret : The Grand Budapest Hotel – ou la rencontre entre un jeune réfugié introverti et le sémillant concierge d’un palace. Qu’importe que ce dernier soit un peu gigolo sur les bords, son raffinement naturel n’en sera jamais entaché. Bien au contraire : Anderson filme la faculté de ce personnage pétillant à ne jamais perdre son élégance, quel que soit le contexte. Le comique de situation qui se crée (Gustave face aux soldats fascistes, Gustave en prison…) n’en est que plus irrésistible, et l’amitié qu’il noue avec le jeune Zéro – son apprenti, en quelque sorte – plus touchante encore. Mélangeant les genres (comédie bourgeoise, film d’évasion, enquête, romance), le réalisateur semble avancer en terrain connu, instillant un rythme soutenu à un feu d’artifice de péripéties, pour le plus grand bonheur du spectateur. Mais la finesse d’orfèvre d’Anderson ne suffit plus pour surprendre, et l’auteur en est conscient. Il façonne alors un récit gigogne (le film s’ouvre et se clôt sur une jeune adolescente, dont on ne saura rien) pour mieux évoquer la fin d’un monde, sur le point de sombrer dans une violence innommable. Les tourments de l’Histoire se déploient en arrière-plan, tandis que Gustave, par son imperturbable faconde, assure le spectacle. Et la construction narrative de faire sens, au terme d’une conclusion brutale et puissante : habité par l’âme de Stefan Zweig, The Grand Budapest Hotel est un conte, narré par des personnages que hantent les regrets, un hommage aux grands hommes ordinaires qui ne seront plus. _Mi.G.