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Grace De Monaco

De deux choses l’une : soit Grace de Monaco est un film qui raconte ce qu’il a l’air de raconter (“qu’elle était forte, courageuse et bien habillée cette Grace Kelly !”) et c’est une catastrophe ; soit c’est un film plus tordu, à charge contre son héroïne, et alors c’est une tentative, certes inaboutie, mais intéressante. Soit le sujet est : comment apprend-on à devenir une princesse une fois qu’on a trouvé son prince ? Soit le sujet est : comment, n’étant plus actrice, Grace va-t-elle assouvir son névrotique besoin de fiction et d’applaudissements ? D’un côté l’esthétique du film, toute en couleurs criardes, floutés vaporeux, petites notes de piano, émotions surjouées, chromos Point de vue Images du monde, plaide pour la première version. De l’autre la construction du récit (la manière dont il s’ouvre et se conclut) ou l’omniprésence des miroirs, des caméras, des appareils photos à l’écran, plaident pour la seconde. On sait qu’il y a eu des conflits entre le réalisateur et la production autour de ce film, que chacun voulait sans doute tirer vers une version ou l’autre. Cela peut expliquer en partie cet étrange résultat. Mais il faut prendre aussi en considération le fait que Dahan est plutôt un cinéaste premier degré, marchant à l’empathie et aux émotions directes (c’est ce qui fonctionnait dans La Môme), et qu’il n’est, à ce titre, pas le mieux armé pour mettre en images un projet pervers. Or c’est bien de cette nature qu’est le beau film qui existe quelque part dans Grace de Monaco sans parvenir à y prendre vraiment le pouvoir : celui qui ferait craquer le vernis du “biopic officiel” pour, peu à peu, laisser apparaître le portrait d’une petite fille narcissique, jouant, dans le décor grandeur nature d’un royaume d’opérette, à la princesse, à l’épouse ou à la mère, sous les bravos du monde entier. _N.M.