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Gone Girl

Dans sa première partie (et à son premier degré) Gone Girl est juste un classique thriller, que le réalisateur de Zodiac, passé maître dans l’art de composer une atmosphère et de distiller l’angoisse, sait rendre passionnant. Mais dans un second temps, et à un second niveau, le film révèle bientôt des visées plus subversives. En effet, autant que de la disparition d’une femme, ce dont parle le nouveau Fincher c’est de l’évanouissement de la réalité. Comme Le Gouffre aux chimères de Wilder, Gone Girl décrit la métamorphose d’un drame en événement télévisuel, le triomphe du spectacle sur le réel. Premier acte : lors de la conférence de presse consécutive à la disparition de sa femme, Nick Dunne ne donne pas suffisamment de signes extérieurs de son affectation… Second acte : son avocat, en bon metteur en scène, lui apprend à jouer le mari éploré pour un talk show. Car à la télévision, il importe de simuler ses émotions, d’entrer dans un vaste simulacre où “l’effet de vérité” a davantage de poids que la vérité elle-même. Ce que met en scène Fincher, c’est donc le dilemme qui découle de ce constat, déjà formulé par Bardamu, bien avant l’ère télévisuelle, dans Voyage au bout de la nuit : “Il faut choisir, mourir ou mentir”. Mais dès le départ, à travers le personnage d’Amy, qui a servi de modèle pour une saga littéraire enfantine écrite par ses parents et vit depuis dans l’ombre de son avatar, le scénario pose la victoire du faux sur le vrai comme acquise. N’ayant laissé aucune place à l’espoir au terme de son récit, le film se conclura sur cette interrogation : “Qu’avons-nous fait ?”. _P-J.M.