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Goltzius Et La Compagnie Du Pélican

On sentait le péril poindre dès l’(encore) excellent La Ronde de nuit, où Greenaway se regardait filmer plus que de coutume et où, déjà, sa complaisance envers lui-même (une constante chez lui) mettait en péril tout sens autocritique. Avec Goltzius et la Compagnie du Pélican, c’est la chute, attendue et/ou redoutée ! Trop de fioritures encombrantes, même plus baroques mais carrément rococos, anachroniques qui plus est, trop de sexes (le pluriel est important, tant la chair a rarement été aussi abondante et triste sur un écran), trop, trop de tout ! Goltzius… est un film trop ! De trop même ! L’œuvre d’Hendrik Goltz, alias Goltzius, méritait une approche aussi fine que celle de Boullée dans Le Ventre de l’architecte. Que l’invention délirante du cinéaste la triture ou la trahisse, pourquoi pas ? Mais le délire est ici tellement trivial ! Greenaway joue avec la Bible comme un enfant joue avec des cubes (le discours philosophico-religieux est d’une étonnante platitude), se vautre dans le pipi-caca-zizi comme un gamin aime à dire des gros mots, et l’incessant discours sexuel, visuel ou verbal, relève plus de l’érotomanie gâteuse que de l’érotisme. Bien sûr, Greenaway montre toujours une prodigieuse maîtrise de l’espace (la gare désaffectée croate où il tourna est admirablement utilisée), bien sûr, il y a de superbes trouvailles de mise en scène : mais tout est étouffant, morbide. Et l’ennui s’installe. Enfin, plaignons les acteurs : si Ramsey Nasr contribue à rendre le film insupportable, d’autres naguère très bons, tels Anne Louise Hassing ou Pippo Delbono, ont dû souffrir. Seul F. Murray Abraham (lui aussi réputé pour son ego surdimensionné !) tire son épingle de ce jeu sinistre. _Ch.B.