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Gloria

La première originalité du film de Sebastián Lelio est d’avoir pour héroïne une femme de 58 ans qui ne se bat pas contre l’injustice ou la maladie, qui ne dirige pas d’une main de fer les services secrets, ou qui ne redécouvre pas la joie de vivre en s’inscrivant à une chorale. Gloria travaille, a deux grands enfants, qui lui accordent peu de temps mais avec qui elle s’entend bien, est divorcée depuis longtemps mais sans animosité envers son ex-mari. Le soir, elle sort, danse, drague… Son idylle avec Rodolfo n’est présentée ni comme un renouveau, ni comme un chant du cygne, mais comme une histoire compliquée, bancale, joyeuse et décevante comme tant d’autres. L’équilibre entre la passion et le souhait d’être raisonnable des tourtereaux seniors est particulièrement bien traité. Gloria est enthousiaste mais pas naïve. La naissance et les aléas d’une relation amoureuse à cet âge-là sont si peu montrés au cinéma que ces scènes de déshabillages, d’étreintes ou de disputes ont quelque chose d’exotique, de rafraîchissant. Et, à aucun moment – deuxième bonne nouvelle – l’âge des personnages n’est présenté comme un fardeau, un boulet, ni à l’inverse comme un gage de liberté particulier. Ni caricature ni démagogie, en somme. La caméra, plutôt discrète, ne lâche pas son actrice, et elle fait bien. Paulina Garcia irradie d’élégance et d’émotion, et donne à sa Gloria une épaisseur tout à fait fascinante. Rodolfo, le soupirant, tenu en laisse par ses filles, est, lui, magnifique de veulerie. Lelio nous évite, de plus, la leçon de vie bon marché qu’on pouvait craindre. En dépit de quelques éléments un peu convenus, Gloria est un très beau et moderne portrait de femme. _G.R.