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Giselle

Avec ce film, Toa Fraser entend proposer davantage qu’une simple captation cinématographique du ballet romantique Giselle, ou les Wilis (composé par Adolphe Adam en 1841) par le Royal New Zealand Ballet (RNZB). L’œuvre est présentée dans une version extrêmement fidèle à l’original, sans aucun ajout (il n’y a, par exemple, pas plus de dialogues dans le film que dans le ballet). Mais à l’image, la réalisatrice propose une mise en parallèle explicite entre, d’une part, la situation vécue par les deux héros de la fiction (Giselle et Albrecht) et, d’autre part, celle que connaissent les deux danseurs qui les interprètent (Gillian Murphy, danseuse étoile vivant à New York, et Qi Huan, danseur au RNZB, résidant, lui, à Shanghai), qui sont également amants dans la vie réelle, mais sont affligés par la distance géographique qui les éloigne l’un de l’autre. Fraser ponctue donc, tout au long du film, le drame vécu par Giselle et Albrecht par des évocations de la tristesse des deux danseurs séparés. La beauté du ballet et la qualité esthétique de sa mise en images sont indéniables, notamment grâce à des séquences de danse filmées sous des angles parfois très sophistiqués et à de superbes plans de paysages urbains. Cependant, le dispositif formel visant à faire résonner le vie réelle et la fiction paraît souvent bien artificiel et confère à l’ensemble une forme de confusion assez inutile. Certes, on peut comprendre qu’il était tentant de s’emparer des interférences entre le drame romantique et les amours malheureuses de Gillian et Qi Huan. Mais il aurait sans doute fallu aller plus loin dans la manière d’enchevêtrer les deux. Ou bien renoncer et se concentrer sur le ballet, qui pouvait parfaitement se suffire à lui-même. _J-A.M.