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Girafada

Évocation du conflit israélo-palestinien, Girafada – contraction de “girafe” et “Intifada” – voudrait excuser son intrigue simpliste et ses personnages téléphonés (la jeune et belle journaliste française, au secours !) en adoptant les atours du conte. Une fois compris que le regard d’un enfant est à même de ré-enchanter le monde, et que les girafes – les sages, les bienheureuses – n’ont, elles, pas de patrie, on aura donc appréhendé l’essentiel du “message” de Girafada. Exception faite, toutefois, de son arrière-plan politique contestable. Que les Palestiniens soient parqués dans leurs territoires, soumis à l’autorité arbitraire de Tsahal, on serait bien en peine de le contester. Que Rani Massalha en revanche renonce à ce point à problématiser la question, chose que faisait, certes dans un tout autre registre, le récent Omar, interroge quant à la portée intellectuelle du film. Entre racisme anti-arabe aux check-points, soldats haineux et colon rance, l’auteur n’omet aucune entrée dans ce catalogue du grand méchant occupant, auquel il ajoute toutefois, pour faire bonne figure sans doute, un personnage d’aimable vétérinaire israélien (interprété par Roschdy Zem). Quant à Saleh Bakri, héros du sublime Le Temps qu’il reste d’Elia Suleiman, il n’a pas grand-chose à jouer. Ainsi, le film s’empêtre-t-il dans une symbolique pesante – la femelle girafe est enceinte, il faut donc lui trouver un gentil mari, se dit le jeune héros, lui-même orphelin de mère. Ne serait un dénouement plus amer, on en viendrait à se dire que le seul propos du film était de nous enjoindre à faire nôtre cet adage : une famille, c’est un papa + une maman + une girafe. _T.F.