Warning: Cannot assign an empty string to a string offset in /home/www/fdcprod/wp-content/themes/hague/inc/template-custom.php on line 161
Search for content, post, videos

Gerontophilia

Bruce LaBruce s’est fait connaître en France en 1997, avec Hustler White, long métrage à petit budget au style hirsute, incluant des pratiques sexuelles pour le moins surprenantes. Depuis, ses films ne sortaient plus en salle. Il fit son retour sur les écrans français en 2011, avec L.A. Zombie, dans lequel l’acteur porno François Sagat ranimait des cadavres d’une façon bien particulière. Résolument du côté des marginaux et assumant un mauvais goût peu susceptible de séduire le grand public, LaBruce a, comme on dit, une patte bien à lui. D’où une certaine surprise devant ce nouvel opus qui détonne, à plus d’un titre, dans sa filmographie. Formellement, on sent une nette volonté de se rendre plus accessible. Travellings tout en douceur, ralentis, photo agréable. Cette idylle entre un jeune homme et un octogénaire est traitée avant tout comme une histoire d’amour, avec sa simplicité, voire sa banalité. Contrairement à ses habitudes, LaBruce ne s’attarde pas sur les rapports sexuels. Il ne tourne pas autour du pot, mais ne représente rien frontalement, usant même d’ellipses, chose inhabituelle chez lui. Zélateur notoire de la déviance, il s’intéresse ici à ce que cette relation a de normal, de tendre et évite le malaise. Certes, ce goût du héros pour les corps âgés peut laisser perplexe, mais on comprend sans difficulté le lien qui se tisse entre lui et Mr. Peabody, aussi râleur que charmant. Le film ne développe pourtant pas suffisamment la question de la différence d’âge. Le cinéaste aurait pu d’avantage travailler ses personnages et, sans aller dans le trash, nous bousculer un peu plus. Car en l’état, malgré la sympathie qu’il inspire, ce film reste, par excès de précaution, trop en surface pour séduire ou intéresser durablement. _G.R.