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Geronimo

Présenté en Séance Spéciale au dernier festival de Cannes, Geronimo n’est pas un biopic du célèbre chef apache. Celle qui donne son nom au film est une éducatrice de rue, dont le modèle appartient au parcours personnel de Tony Gatlif, magnifiquement interprétée par une Céline Sallette en état de grâce. Sans cesse sur la brèche, arpentant à grandes enjambées les décors, brûlés de soleil ou sombrement éclairés, soigneusement choisis par le réalisateur, son personnage tente de tenir, au prix d’un dangereux oubli de soi, les bouts d’une fragile paix sociale menacée par une pratique archaïque. Dans ce nouvel opus, Tony Gatlif ne renonce pas à ce qui lui tient à cœur – la liberté, le déracinement, l’esprit rebelle (les musiques et danses qui en témoignent irriguent le film) -, mais il y puise un nouveau souffle. Il passe au filtre des amants de Verone, et donc de West Side Story, auquel on pense inévitablement, le très actuel problème des mariages arrangés, funestes crispations identitaires de communautés ostracisées sur leur terre d’accueil. Pour dénoncer cette violence faite aux femmes au nom d’un honneur mal placé, il passe par le biais d’une mise en scène presque opératique, aux espaces ouverts, qui induit une fluidité narrative entre les séquences chorégraphiées et le récit lui-même. Pour goûter l’exercice, il faudra certes passer outre le rythme frénétique imprimé par Gatlif, qui n’aime rien tant que flirter avec le ridicule – pour s’y abandonner parfois -, mais l’ensemble est suffisament généreux pour emporter l’adhésion, comme lors de cet affrontement nocturne dansé où le thème musical du Chœur des Esclaves de Verdi émerge peu à peu d’une sourde rythmique. _M.D.