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Gemma Bovery

Après un Perfect Mothers qui contait l’histoire dérangeante de deux amies séduites chacune par l’enfant de l’autre, mais manquait paradoxalement de sensualité, Anne Fontaine revient à la comédie en jouant justement sur le ridicule de la volupté à l’écran. Sous le regard de Fabrice Luchini – égal à lui-même – en employé de l’édition reconverti en pétrisseur de pâtes à pain, Gemma Arterton (déjà héroïne de Tamara Drewe, l’autre adaptation de Posy Simmonds par Stephen Frears), délicieuse ingénue, a des airs de mets savoureux. Anne Fontaine ne manque pas d’espièglerie mais peut-être un peu de finesse. Aussi adopte-t-elle un ton satirique et vaudevillesque pour cette comédie qui ne tombe pas dans la parodie que l’on aurait pu imaginer. Elle tourne en dérision, non pas la Bovary, mais les fantasmes littéraires d’un néorural du début de notre siècle. Ennuyé par Paris et son petit travail dans l’édition, Martin a voulu renouer avec ses racines. Finalement, sa vie de boulanger de campagne le conduit à filer la métaphore du bon pain et de la femme… et à voir en Gemma l’héroïne romantique, prête à mourir par amour, qu’elle n’est pas. Cela donne lieu à quelques scènes croustillantes, quand Martin, par exemple, pique des crises lorsque Gemma veut utiliser de la mort aux rats contre les petites souris qui grouillent dans sa ferme. On sait dès le début du film que Gemma meurt mais ce n’est qu’à la fin que l’on comprend pourquoi. Entretemps, le scénario, même s’il est bien ficelé, déploie une série de quiproquos plus ou moins heureux. Il ne faut donc pas attendre de subtilité de cette satire. On peut malgré tout en apprécier le rythme et la bonhomie. _G.T.