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Fury

David Ayer, tout juste remis de l’échec de Sabotage, boudé par le public comme par la critique, revient avec un nouveau film. Brad Pitt succède à Arnold Schwarzenegger dans le rôle du leader viril et tourmenté, chargé de mener un groupe (composé exclusivement d’hommes) lors de missions périlleuses. En apparence, Ayer se contente de recycler ses propres concepts, ses personnages à la morale ambiguë, et de les transposer dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale. En apparence seulement. Car, soutenu par sa star, le cinéaste a les coudées franches pour contrôler son projet, et donc revoir ses ambitions à la hausse. Ainsi, ayant révisé ses classiques (d’Aldrich à Fuller) et assimilé aussi bien Il faut sauver le soldat Ryan de Spielberg que le Lebanon de Samuel Maoz, Ayer s’emploie à signer un film de guerre “moderne”, synthétisant toutes les approches possibles. Et pour évoquer les horreurs et l’absurdité de la guerre, quoi de plus simple que de suivre l’initiation d’une recrue (Logan Lerman, tout en fragilité) par un groupe de tankistes émérites, revenus des pires cauchemars et, en surface, incapables de communiquer leurs états d’âme ? Excepté J. Bernthal – dont la prestation, en mode “De Niro du pauvre”, se révèle particulièrement lourde -, les acteurs sont tous excellents (mention à Shia LaBeouf, bien employé) et la distribution est portée par un Brad Pitt exceptionnel, parfaite incarnation des paradoxes du cinéma d’Ayer : à la fois viril et délicat, brutal et tendre. Le film ne s’autorise malheureusement pas à sortir d’une narration très étudiée et n’embrasse pas pleinement la folie de ses personnages. Il manque alors à Fury quelque chose comme le nihilisme de Sam Peckinpah dans Croix de fer. _Mi.G.