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Frappe

Film de fin d’études à la Korean Academy of Film Arts (KAPA), réalisé avec un petit budget, La Frappe forme un puzzle étourdissant, Yoon Sung-hyun, le réalisateur, ayant choisi de pousser à l’extrême le recours aux flash-backs, lesquels mettent peu à peu en lumière l’histoire, pleine de bruit et de fureur, de trois lycéens dont l’horizon se borne aux barres d’immeubles de Séoul. Ce n’est qu’à la toute fin que l’on prend conscience du genre d’ado qu’était Ki-tae – le personnage qui est au cœur du récit – et des raisons de sa mort. C’est ainsi qu’à travers la sorte d’enquête menée par le père de ce dernier, nous suivons, pendant deux heures éprouvantes – la construction narrative exigeant une attention soutenue – des garçons normaux, émotifs et parfois idiots jouant les petites frappes pour prouver qu’ils sont les plus forts. Yoon Sung-hyun sait les rendre tour à tour touchants et effrayants. Touchants quand ils jouent sur la voie ferrée, par exemple, mais effrayants quand ils se battent. La Frappe, comme le film de son compatriote Su-won Shin, Suneung, témoigne des problèmes qui pèsent sur la jeunesse coréenne et des dérives qu’ils entraînent. Mais tandis que Suneung insiste sur le rude esprit de compétition entretenu entre les lycéens, La Frappe s’attache davantage à leur solitude, au désarroi dans lequel peut les plonger l’absence des parents, accaparés par leur travail. Un constat inquiétant, qui n’est pas sans évoquer celui du Leçons d’harmonie d’Emir Baigazin, qui abordait la violence physique et psychologique en milieu scolaire, au Kazakhstan. La condition des jeunesses du monde – travaillées par la violence ou livrées à elles-mêmes – est de toute évidence une préoccupation contemporaine majeure. _G.T.