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Fièvres

Prenant pour cadre une banlieue anonyme, Fièvres a le mérite de la dépeindre non comme un vaste coupe-gorge, mais comme un lieu de vie. Ses protagonistes, issus de l’immigration marocaine, vivent dans un certain dénuement. Le grand-père s’est trouvé une béquille somme toute convenue en guise d’espoir : la maison au bled, symbolisée par une maquette. Cette mythologie semble condenser tout son être : il n’aspire à rien d’autre. Sa femme et lui vivent avec leur fils, Karim, modeste ouvrier, pris sous le poids d’un secret de famille, la culpabilité d’un accident qui réduisit son frère à l’état de légume. C’est dans cette famille un peu terne qu’arrive le jeune Benjamin, chassé des foyers, et qui rencontre enfin son père. Benjamin est la révolte adolescente incarnée, alliant l’irrespect systématique à des velléités de destruction. Hélas, la résolution du conflit latent qui oppose Benjamin à Karim est un peu faible. En effet, dès lors qu’ils se rencontrent et manifestent leurs sentiments respectifs, Benjamin devient l’adolescent modèle. Benjamin s’est, par ailleurs, fait un ami, Claude, qui vit dans un camping-car, urine au vent en chantant et déclame sans cesse des vers maladroits. Cette rencontre, qui pourrait évoquer les films de Jarmusch, témoigne d’une grande maladresse. À tout cela, Hicham Ayouch a cru bon d’ajouter des bribes de réflexion sur l’euthanasie, le travestissement, le suicide, donnant l’impression d’un fourre-tout confus. Par ailleurs, sa mise en scène déborde d’effets gratuits et stériles : nombreux plans tournés apparemment au steadicam, visions pompeuses de la cité… Fièvres, œuvre brouillonne et souffrant d’incohérences, déçoit. _P-J.M.