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Femme Du Ferrailleur

Nous avions découvert le cinéaste bosniaque Danis Tanovic, en 2001, avec l’excellent No Man’s Land, qui portait un regard lucide sur la guerre civile yougoslave. Après deux incursions décevantes en France et au Kurdistan, il a retrouvé son pays avec Cirkus Columbia, sorti en 2011, où il expliquait les racines du même conflit. Cette fois, il dépeint la Bosnie-Herzégovine au présent, pays en paix mais très lourdement endetté, où les plus vulnérables sont les premiers touchés, à commencer par les Roms. À l’approche de Noël 2011, Tanovic découvre dans la presse un fait divers qui le révolte. Il rencontre les protagonistes et décide de faire un film, en reconstituant leur histoire sans recourir à des comédiens. Nazif Mujic et Senada Alimanovic jouent donc leur propre rôle, entourés des petites Šemsa et Sandra. Retrouvant les conditions de tournage de ses débuts, lorsqu’il était documentariste de guerre, Tanovic tourne dans l’urgence, en neuf jours, caméra à l’épaule, avec une équipe réduite, dans la région de Tuzla et dans les décors industriels des alentours de Sarajevo. À l’écran, tous les protagonistes sont ceux qui ont vécu cette histoire, à l’exception du médecin qui a refusé d’opérer Senada, interprété ici par un confrère. Avec une humilité artistique héritée du néo-réalisme italien, le réalisateur brosse le beau portrait de petites gens. Le ferrailleur est filmé avec empathie, on le voit sans cesse se débrouiller pour subvenir aux besoins essentiels des siens (les chauffer, les soigner, prendre soin des filles pendant la maladie de sa femme). L’entraide des voisins et de la famille est également montrée avec dignité. _M.B.