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Felicidad

C’est quoi le bonheur ? Daniel Burman, réalisateur issu de la Nouvelle Vague argentine, dont on avait aimé En attendant le Messie (2000) et Le Fils d’Elias (2004), revient sur les écrans français avec une comédie douce-amère qui propose quelques réponses à cette lancinante et éternelle question. Au travers d’une histoire d’amitié fusionnelle, brutalement remise en question par une absence inexpliquée et inexplicable, le réalisateur construit, l’air de rien, avec légèreté, un récit empreint, in fine, d’une mélancolie qui ne manque pas de charme. Si sa modestie formelle confine parfois au manque d’audace ou d’imagination, l’écriture solide de son scénario, non dénué de fantaisie, convainc. Ses personnages en pleine mutation, délicatement cernés, séduisent par leur complexité au-delà des archétypes qu’ils endossent. Servie par un quatuor de comédiens parfaitement choisis, l’enquête sur la mystérieuse disparition de l’ami et époux, émaillée du vacillement des certitudes, se déroule jusqu’à un terme prévisible, à l’esthétique de roman-photo, mais plus ambiguë qu’il n’y paraît. Car, au fond, la fin importe peu. Ce qui compte ici, c’est le chemin qui y conduit, les découvertes qu’il provoque et les réflexions qu’il soulève sans pesanteur ni didactisme. On a parfois évoqué Woody Allen à propos de Daniel Burman et il est vrai que le personnage de détective arménien retraité qu’il met en scène pourrait s’inscrire dans l’univers d’Alice. La comparaison est toutefois abusive, même si dans la manière qu’a Felicidad d’effleurer l’insondable et le tragique sous les aspects d’une plaisante comédie – objectivement mineure – se sent l’influence du grand Woody. _M.D.