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Exodus

Il fallait oser se frotter aux mythes bibliques derrière la vie de Moïse – immortalisé sur pellicule par Cecil B. de Mille, en 1956, dans Les Dix commandements, son ultime film : Ridley Scott, toujours aussi productif, l’a fait. Un retour au péplum, genre qu’il avait revitalisé en 2000, avec Gladiator, et qui avait relancé sa carrière. Un retour au cinéma de grand spectacle, après la parenthèse épurée et théorique que constituait Cartel. On retrouve pourtant dans Exodus des motifs déjà travaillés par le cinéaste dans Cartel : une noirceur glaçante, une violence aride, une complexité des personnages qui tranche avec les usages du blockbuster à l’ancienne. Scott, qui a toujours affirmé son athéisme, propose ici une version plus moderne de Moïse (laissant le champ libre aux interprétations les plus diverses) mais place la question de la foi au centre des débats. Moïse et Ramsès s’opposent l’un à l’autre par leurs convictions, non pas dans une opposition symbolique entre le Bien et le Mal. Chez Scott, le monde est composé de nuances de gris, les plaies d’Égypte sont rationalisables, Moïse est un héros hanté par le doute et accablé par la solitude. Étrangement, la vision de Scott rejoint celle de l’un de ses confrères, Darren Aronofsky, qui, dans son Noé, s’emparait d’un récit biblique pour, lui, questionner le fanatisme. Exodus, plus sage dans sa forme, sacrifie trop les personnages secondaires et, avec son introduction un peu laborieuse, souffre des mêmes problèmes de montage que tous les projets très ambitieux de Ridley Scott (une marque de fabrique en soi…). Pourtant, le résultat est indéniablement efficace, et le réalisateur se permet même d’y accoler une vision très personnelle, aux antipodes des Dix commandements. _Mi.G.