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Exils

Rencontres fortuites, relations éphémères, échanges sincères, on ne cherche pas à s’approprier l’autre chez Gatlif, chacun est libre, suit son chemin, les destins se croisent et s’attachent, parfois. Il est surtout question de se trouver soi-même. Zano et Naïma savent qu’ils trouveront la liberté dans le « retour au pays ». Commence alors ce parcours initiatique vers l’Algérie, le pays de leurs racines, empreint de douleurs et de doutes, où ils espèrent trouver enfin leur identité. Déçus forcément par ce qu’ils y trouvent, l’expérience les dépassera rapidement, pour les transcender. L. Azabal (lumineuse déjà dans LOIN et VIVA LALDJÉRIE [v.p. 602) inonde le film de sa sensualité sauvage. Farouche et écorchée, elle prête à Naïma sa rage de vivre et son obstination dans le mutisme. R. Duris, lui, fidèle interprète de Gatlif depuis GADJO DILO, incarne une nouvelle fois la liberté d’un homme, curieux de son passé et des autres, doux rêveur et vrai amoureux. Ils forment un couple étonnant, où la hargne de l’une côtoie la douceur de l’autre, pour trouver finalement une harmonie. Tony Gatlif livre un film très personnel, toujours empreint de ce qui fait son cinéma : musique, quête identitaire et appel (parfois naïf) à la liberté. Si le parcours de Naïma et Zano manque parfois de force, la scène de transe finale (mêlant intimement les deux atouts du film : musique et vitalité des comédiens) offre un moment d’une incroyable puissance. Souffle coupé, ce n’est plus vraiment du cinéma. C’est peut-être ce qui lui a valu le Prix de la Mise en scène au dernier festival de Cannes.Ch.r