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Everyone’s Going To Die

Issu de la publicité mais sachant s’affranchir de son esthétique, ce jeune duo anglais signant Jones impose ici un ton attachant et une narration originale. Limités par un budget des plus drastiques (60 000 euros !), ils ont su en tirer le meilleur parti en se fixant des contraintes à la fois précises et fructueuses : deux personnages, des décors naturels, une seule ville, une histoire se déroulant sur deux jours et, enfin, le refus d’un ancrage dans une réalité sociale âpre. C’est ainsi qu’est né cet autre duo, Melanie et Ray, que tout oppose (âge, sexe, parcours) et rapproche (égarement, mélancolie, désir d’ailleurs) à la fois. Le blues de l’un accentue celui de l’autre, dans cette ville portuaire quelconque et anonyme où s’annonce pour eux l’heure de se trouver soi-même. Toutefois, malgré une vraie poésie, un scénario maîtrisé, des trouvailles de mise en scène malicieuses et minuscules, on reste sur sa faim, ayant espéré une histoire plus vaste et plus savoureuse. La rude contrainte budgétaire ne saurait être tenue pour seule responsable d’un relatif manque de souffle et d’un défaut de construction dans le récit, qui a tendance à tourner en rond. Pour autant, on salue une élégance qui s’impose à la fois dans les prises de vue et dans la délicatesse mesurée des deux protagonistes, particulièrement Rob Knighton, qui incarne ici Ray avec une époustouflante séduction et une sobriété pleine de distinction. Si la fin reste ouverte, ce que leur rencontre a réveillé en eux, c’est-à-dire un appétit pour la vie, pour tout ce qu’il faut croquer avant de mourir (puisque “Everyone’s going to die”), est assurément bien cerné par une mise en scène de la plus belle eau. _N.Z.