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Étrange Couleur Des Larmes De Ton Corps

Des mains gantées de cuir noir qui s’attardent sur le corps d’une femme, des perles de sang qui s’égouttent au ralenti d’un rasoir scintillant, un œil injecté de terreur qui s’ouvre en gros plan… Indéniablement, Hélène Cattet et Bruno Forzani sont de talentueux créateurs d’images. Leur sens du cadre, des couleurs et du décor, doublé d’une attention maniaque au son, transforme le moindre plan en terrible vision de cauchemar. De fait, L’Étrange couleur des larmes de ton corps est un cauchemar. Cauchemar mental du héros, en quête de sa femme disparue dans un immeuble Art Nouveau labyrinthique, dont toute la fantasmagorie lascive et mortifère imprègne le film. Cauchemar du spectateur, hélas, qui, après un temps de pure fascination (un meurtre hors-champ perçu à travers un plafond à l’aide d’un stéthoscope), tombe rapidement dans l’ennui et ne demande qu’à se réveiller. Car le film s’épuise à force de chercher à relier entre eux, par un vague fil narratif, des morceaux de bravoure ; et le fameux “whodunit” n’a bientôt plus aucun sens. Pire, la mise en scène finit par tourner à vide pour ne plus être qu’une simple mise en forme – autrement dit, un exercice de style plastique, brillant certes, mais stérile. Si les deux cinéastes belges poursuivent ici, après Amer (2009), leur hommage au giallo, ils se contentent de recycler, sans jamais s’en emparer pleinement, les images de Dario Argento, Mario Bava et consorts. Leur goût de la référence reste un plaisir froid et désincarné – fétichiste -, qui nie non seulement l’humour potache (voire grivois) de leurs figures tutélaires mais aussi la charge toute politique et subversive de leur cinéma. _C.L.