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Été Des Poissons Volants

À première vue, L’Été des poissons volants peut sembler n’être qu’un “film de festival” assez basique : contemplatif, chargé de symboles, narrativement maigre… Mais sous les motifs conventionnels perce rapidement l’éclat d’un regard, intense et singulier. Tout ne va pas comme prévu. Le récit chemine paresseusement, mais l’enchaînement des séquences, lui, est rapide. Dans chaque plan, le plus petit élément du quotidien se voit doté d’un caractère d’étrangeté. Afin d’entretenir la confusion entre univers mental et univers réel, souvenir et temps présent, la réalisatrice joue du montage avec une extrême habileté, et utilise une parfaite connaissance de la grammaire cinématographique pour mieux la détourner. Dans des enchaînements de plans en apparence classiques et confortables (un champ / un contre-champ ; un plan de quelqu’un qui dort / un plan de rêve…), quelque chose se fêle régulièrement à un moment du processus. On croit être dans la continuité, mais une ellipse l’a trouée. On croit être dans un niveau de réalité, on est dans un autre. Arrimé à ces procédés, le film avance par glissements successifs, par changements de niveaux, le tapis nous étant sans cesse tiré sous les pieds. Une forme d’instabilité générale s’installe, à la fois anxiogène et cotonneuse. Ainsi L’Été des poissons volants réussit, par petites touches, par petits coups de canif dans la normalité des choses, à traduire parfaitement l’état transitoire de l’adolescence, et sa sensualité trouble. Le film capte ce moment où l’on baigne encore dans les eaux mythologiques de l’enfance, mais où déjà un vent de lucidité commence à souffler. Des zones d’ombre apparaissent, attirantes et risquées. Le doute intervient. La complexité des choses vient troubler la lisse surface du lac… _N.M.