Warning: Cannot assign an empty string to a string offset in /home/www/fdcprod/wp-content/themes/hague/inc/template-custom.php on line 161
Search for content, post, videos

Épilogue

Dès les premières séquences, qui mettent en scène le pénible réveil des corps rouillés par l’âge, puis leur froide évaluation par une professionnelle, le réalisateur pose clairement ses intentions. Il s’agit donc ici à la fois de l’intimité d’un couple âgé, construit dès son origine sur de forts idéaux, et d’une charge contre un État, celui d’Israël en l’occurrence, qui, plus encore que d’avoir oublié ces mêmes idéaux fondateurs, semble aujourd’hui les piétiner. Pour avoir été journaliste en économie et société, Amir Manor connaît bien le tissu social de son pays ; pour avoir profondément aimé et admiré ses grands-parents, maintenant disparus, et avoir observé leurs désillusions et leur sentiment d’abandon, il sait aussi ce que se sentir mis au rebut veut dire. C’est sur ces deux fronts mêlés qu’il a bâti les dernières heures de son Berl et de sa Hayuta, idéalement incarnés par deux acteurs de théâtre, Yosef Carmon et Rivka Gur. Si l’écart des valeurs morales entre les générations est assez universellement répandu, en Israël, dont l’État est né sur un terreau socialiste et communautaire, en même temps que ses plus anciens citoyens, il est particulièrement sensible. Réalisé essentiellement en longs plans fixes et travellings coulés, ce douloureux constat emprunte à la vieillesse le rythme lent et les gestes maladroits, la marche hésitante, mais aussi la fougue et l’humour complice soudain retrouvés. Beau récit désabusé, Épilogue se saisit d’une problématique dont se sont emparés, depuis quelques années, l’opposition et les retraités israéliens, et qu’évoquait déjà, en 2012, un film émouvant de Hadar Friedlich : Beautiful Valley. _M.D.