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En Ce Temps-là, L’amour…

Était-ce une bonne idée de transposer à l’écran ce texte que Gilles Segal joua lui-même sur diverses scènes ? Le talent d’Irène Jouannet n’est pas en cause. Elle sait faire oublier sa caméra, elle a le sens de la construction, des objets, des éclairages, de la modulation du son : bref, un savoir-faire certain. Mais non, ce n’était pas une bonne idée. Tout d’abord parce que ce texte, qui n’est pas sans qualités et dont le propos peut séduire, sonne trop souvent faux. Trop fabriqué, trop démonstratif, frisant parfois une philosophie de pacotille (les digressions sur la liberté). Trop extérieur, aussi, à l’événement qu’il cherche à évoquer, fiction complète dans le cadre le plus tragique que l’homme a pu connaître. Et c’est là aussi que le bât blesse, et c’est pour cela aussi que l’ensemble peut paraître artificiel. Le jeu de Gilles Segal, comédien et mime qu’on a pu apprécier sur tant de planches depuis un demi-siècle, n’accroche pas, paradoxalement à la fois trop réaliste et trop distancié. Comme extérieur, lui aussi, à son propre discours. Il est probable que le théâtre, par sa nature à la fois plus factice (le lieu) et vraie (l’incarnation), convenait mieux à son propos et lui donnait plus de chair. Il faut pour que l’écran ne fasse pas… « écran » à ce genre d’entreprise, des textes forts et vrais, des interprètes habités : qu’on se rappelle Catherine Samie dans LA DERNIÈRE LETTRE (2002). Ici on en est, hélas !, bien loin.Ch.B.