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Éléphants

Proposition cinématographique centrée sur les émotions ressenties par une poignée de personnages quadragénaires ou trentenaires, le premier long métrage d’Emmanuel Saada, cinéaste indépendant (Soleils divers, réalisé en Super 8 en 2003), photographe, peintre et auteur, sollicite d’emblée l’attention du spectateur de façon plus instinctive que cérébrale, en lui livrant, au compte-gouttes, les clés d’une intrigue psychologique classique. Alternativement, les personnages, ensemble ou séparément, cheminent lentement vers leurs destinées que le réalisateur compare à celles d’éléphants, mammifères sensibles aussi vulnérables que gracieux. Il n’y a pas de scènes d’explications spectaculaires ni de commentaire sur ce que traverse chacun d’eux, mais une succession de petites touches impressionnistes, qui témoignent de leurs existences, somme toute assez banales, où tous sont tenus de trouver réponses à ces questions universelles que sont le couple, la paternité, les relations mère-fille, la solidarité ou la quête individuelle : une larme sur la joue, des regards exprimant des sentiments divers, un fœtus faisant onduler le ventre de sa mère, des jeux de mains caressantes. La narration séquentielle du film, explicitement délimitée par les neuf mois de grossesse de Caroline, s’exprime à la fois par de longs silences et par le gros plan. Si les images élégantes de cet exercice de style ambitieux – tout comme les variations d’humeur des protagonistes – invitent à la rêverie introspective, l’utilisation systématique du très gros plan, en revanche, peut assez rapidement agacer et, contrairement à l’effet recherché, nous tenir à distance du film. _M.T.