Warning: Cannot assign an empty string to a string offset in /home/www/fdcprod/wp-content/themes/hague/inc/template-custom.php on line 161
Search for content, post, videos

Eleni

Angelopoulos ne cherche pas ici à séduire. Il invite plutôt le spectateur à juger les causes, notamment historiques, qui amènent son héroïne à subir tant d’accablements. D’où ces plans-séquences (dont le long déploiement rappelle la manière du cinéaste hongrois Miklos Jancso) et une reconstitution de l’époque (1919-1949) un peu appliquée (acteurs aussi « impeccables » que les costumes et les intérieurs des logis). Les mouvements de caméra marquent une franche impassibilité. Celle de la fameuse distanciation brechtienne : l’identification au héros et l’imitation mimétique de la réalité (rythme des gestes et déplacements des acteurs) ne sont pas ici l’alpha et l’oméga des prestiges du cinéma, entravant la conscience du spectateur dans son travail critique vis-à-vis de ce qu’il voit. Dans la première moitié du film, la précision à la fois des cadrages et de la composition interne des plans fait naître un certain plaisir esthétique. Seulement, plus le film avance, plus il se met à faire du sur-place. Il faut dire que dans la seconde partie, où le poids de l’Histoire (notamment avec la montée du fascisme) est de plus en plus exhibé à l’image (tracts politiques distribués dans les rues, passages à tabac d’opposants politiques…), la mise en scène se révèle davantage déterminée par un a priori didactique que par le sujet et les personnages. Ne reste alors qu’une suite de tableaux très travaillés. Trop, sans doute, pour que la vie parvienne à y entrer, et leur donne une nécessaire épaisseur.P.F.