Warning: Cannot assign an empty string to a string offset in /home/www/fdcprod/wp-content/themes/hague/inc/template-custom.php on line 161
Search for content, post, videos

Égoïstes

Après avoir perdu l’Est et ne pas encore avoir pleinement trouvé l’Ouest, la Pologne aurait-elle… perdu le nord ? C’est ce que semble penser Marius Trelinski dans ces ÉGOÏSTES au titre transparent, la seule transparence de son troisième long-métrage, d’ailleurs. Réalisateur réputé dans son pays, mais surtout metteur en scène de théâtre et à l’opéra de Varsovie (on lui doit des Verdi ou Tchaïkovski qui secouèrent la critique) et aussi à Berlin ou Los Angeles, qu’a-t-il voulu nous dire ici ? Que l’argent seul ne fait pas le bonheur, que la frénésie sexuelle est une impasse, que les paradis artificiels sont un enfer, qu’on perd son âme dans une société sans valeurs ? Tant et tant d’autres l’ont déjà dit avant lui, et plus subtilement, notamment Dostoïevski (dont il transposa à l’écran  » Une femme douce « , vingt-cinq ans après le chef-d’oeuvre de Bresson). De par sa volonté même, semble-t-il, aucun de ses « Vitelloni relookés » ne parvient à susciter sinon la sympathie, du moins l’attention du spectateur. Parmi tous ces personnages chargés de conventions, désincarnés, parfois sans autre identité que leur « type » (« le Jeune », « le Triste », « le Petit »), le plus significatif paraît être Philippe, l’architecte homosexuel suicidaire qui rêve de construire des églises, perdu entre vodka et Wojtyla. Bref, un propos somme-toute nostalgique (ah, tout était si simple au temps du stalinisme), un film cru, fermé, étouffant, dont on s’étonne qu’il ait obtenu un « prix du jeune jury » dans un festival polonais.Ch.B.