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Eastern Boys

Enfants perdus des conflits slaves ou balkaniques des dernières décennies, ces “eastern boys”, vivant d’expédients et de délinquance, sont une réalité des métropoles occidentales. À ce titre, la scène d’ouverture, mise en scène avec une fluidité et une précision remarquables, est presque documentaire. Mais le réalisateur Robin Campillo quitte assez vite ce registre ethnographique pour s’intéresser aux rapports de fascination et de force, de séduction et de tendresse, qui vont lier ses personnages au fil du récit. Sans se situer à proprement parler dans le domaine de l’onirisme, le scénario et la réalisation, plus attachés aux mouvements des corps et aux échanges de regards qu’aux dialogues, semblent rendre compte d’une réalité modifiée, perçue par Daniel comme s’il agissait sous hypnose, notamment dans la longue séquence du cambriolage, où son manque de combativité peut étonner. C’est pourtant l’une des grandes qualités du film que de faire ressentir et comprendre ce qui l’anime, sans qu’aucun discours n’informe sur sa vie et son passé. Avec sobriété, Olivier Rabourdin apporte épaisseur et profondeur à cette figure prête à rompre avec l’homme ancien. Les deux autres interprètes sont tout aussi convaincants : Kirill Emelyanov incarne parfaitement la grâce brusque et enfantine de Marek, et Danill Vorobjev la séduisante violence du Boss. Comme il l’avait déjà montré dans Les Revenants (2004), Campillo sait allier avec bonheur son goût pour une esthétique formelle affirmée et son attention aux sentiments qui traversent les personnages. Si, par moments, son scénario semble faire fi de vraisemblance, sa mise en scène, à la fois épurée et sensible, emporte le morceau. _M.D.