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Dune

Premier film de l’Israélien Yossi Aviram, La Dune se distingue en premier lieu par la sophistication de sa construction. Rien ici d’inutilement surligné, ni de lourdement explicite mais, par touches légères, délicates, pudiques et fines, le tracé d’une vie. Celle d’un homme, Ruben, qu’incarne avec douceur et profondeur, pudeur et retenue un Niels Arestrup habité et qui choisit, pour l’amour fou d’un autre (intéressant Guy Marchand dans un rôle inattendu) de planter là femme et enfant pour vivre cette passion. Quarante ans plus tard, ce fils (Lior Ashkenazi, vu notamment dans Yossi, ainsi que dans le récent Big Bad Wolves), soudain confronté à l’impossibilité de sa propre paternité, revient sur les rivages atlantiques, non pas pour demander des comptes mais pour comprendre les raisons de cet abandon qui le laisse, littéralement, sans voix, et pour alors, peut-être, à son tour, pouvoir devenir père. Par une subtile inversion de la construction narrative, c’est ici le géniteur, policier, qui enquête sur l’identité et le parcours de ce fils qui veut le retrouver, jusqu’à ce qu’il comprenne ce qui amena cet inconnu mutique sur une plage d’Aquitaine. C’est au personnage de Fabienne (Emma de Caunes), enceinte, et qui est celle qui a trouvé Hanoch inconscient devant la dune, douce image claire et redoublée de la maternité, que Ruben avoue son histoire, sa paternité, son amour pour Paolo puis sa désertion et sa honte. Retrouvant alors son fils, désormais identifié comme tel, et renouant le lien où il fut laissé, il lui demande en hébreu, immémoriale apostrophe de la sollicitation parentale : “As-tu faim ?” _N.Z.