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Du Goudron Et Des Plumes

Talentueux et réputé auteur de BD, Pascal Rabaté s’est frotté au cinéma dès 2006, transposant notamment avec bonheur en 2010 ses Petits ruisseaux avant de récidiver l’année suivante avec un insolite Ni à vendre ni à louer. Moins personnel, Du goudron et des plumes a – la couleur en plus – l’étrange parfum, qui peut tout autant irriter que séduire, des films familiaux que les cinés de quartier passaient les samedis soir d’avant la télé, des comédies tendres et/ou cocasses signées Pinoteau (Jack, le meilleur !), Poitrenaud, ou, un bon cran au-dessus, Carbonneaux. L’intrigue ? Elle est plutôt banale et – volontairement, sans aucun doute – attendue. Mais à la limite, peu importe. Le scénario ? Il n’y en a pas vraiment. Et là, le manque dessert fortement le film. Mais ce qui attache et finit, parfois, par estomper ces lacunes, c’est une belle affiche de très bons comédiens, I. Carré et D. Prévost (qui crevait déjà l’écran dans Les Petits ruisseaux, et est encore une fois admirable de justesse) en tête, même si S. Bouajila paraît un peu déphasé. Ce qu’on aime, ce sont ces seconds rôles bien typés, comme dans les toiles d’antan (C. Schneider, déjà vieil habitué des films de Rabaté, D. Salles), et de bons moments décalés : l’improbable véhicule-termite de Christian, Z. Soualem en vendeur de farces et attrapes dépressif, tout droit sorti de chez Marbœuf, et G. Kervern en paysan bourbonnais ratant le défi qu’il avait mitonné pour la télé. Ainsi, in fine, subsiste une ambiance sympathique et chaleureuse, mi satirique mi tendre : aussi ringard que puisse paraître à certains l’ersatz télévisé d’Intervilles, ses protagonistes ne sont jamais montrés avec condescendance. _Ch.B.