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Double

Deuxième roman de Dostoïevski, Le Double n’a remporté qu’un accueil glacial lors de sa parution en 1846 et le mythique auteur russe, vexé, a longtemps tenté de le réécrire. Plus de 150 ans après, Richard Ayoade en tente à son tour une “réécriture”, avec l’aide d’Avi Korine, frère du réalisateur de Spring Breakers (d’ailleurs producteur associé ici). En résulte une fable absurde, bourrée d’humour noir, se déroulant dans un monde dont on ne sait pas s’il est réel ou parallèle, futuriste ou intemporel, tel celui créé par Terry Gilliam dans Brazil. Au sein de cette société totalitaire et déshumanisée où le bizarre est la norme, vit un bureaucrate si effacé qu’il semble invisible. Méprisé par tous, y compris sa mère, il considère une collègue comme la femme de ses rêves (l’ombre de Brazil plane définitivement sur le film). C’est là que débarque, sans que cela choque qui que ce soit, son double. Sauf que celui-ci est son exact opposé, sorte de“surmoi” qui représente tout ce qu’il n’arrive pas à être. Ce doppelgänger lui fait perdre ce qu’un homme a de plus cher : son identité. Jouant avec des thèmes très “polanskiens” (l’auteur de Répulsion avait d’ailleurs projeté d’adapter ce livre), The Double est une folle parabole sur l’inquiétante étrangeté, où Jesse Eisenberg se montre à son aise dans le costume d’un personnage perdu aux confins de la folie, dans une quête de soi et de l’autre. Esthétisée et expressionniste, la photographie est dominée par un éclairage vif, qui donne au film une dimension irréelle et oppressante. Contaminé par la folie de son sujet, Ayoade fait preuve de vraies bonnes idées de mise en scène, ce qui permet de passer sur le côté parfois brouillon de l’ensemble. _G.A.