Warning: Cannot assign an empty string to a string offset in /home/www/fdcprod/wp-content/themes/hague/inc/template-custom.php on line 161
Search for content, post, videos

Dors Mon Lapin

Aussi ponctuel que le beaujolais, Jean-Pierre Mocky livre chaque année son nouveau cru… et laisse bien souvent le spectateur cinéphile dans le même état de perplexité que l’amateur de vin. Moins d’un an après Le Renard jaune et Le Mentor, Dors mon lapin vient compléter une filmographie pléthorique, riche d’une soixantaine de longs métrages et d’une quarantaine d’épisodes de séries télévisées (Myster Mocky présente et Hitchcock by Mocky), comme si chaque nouvel élément comptait moins en tant que tel que dans sa manière de prendre part à un tout. Un tout dont Mocky a fixé depuis longtemps les règles : un tournage ultra-rapide (moins de dix jours), une mise en scène désinvolte (champs / contre-champs), des décors minimalistes, des comédiens de bonne volonté (cette fois-ci, Frédéric Diefenthal et Richard Bohringer), une bande originale recyclée de film en film (ici, celle de Vladimir Cosma) et un esprit poil-à-gratter (qui vise, au choix, politiciens, flics, patrons ou notables). Malheureusement, c’est cet esprit-là qui manque cruellement à Dors mon lapin, centré quasi exclusivement sur la figure d’un petit employé, acculé au kidnapping par manque d’argent et rapidement dépassé par son forfait. Si le réalisateur prend visiblement plaisir à filmer les errements de ce personnage stupide, il le fait de façon laborieuse et mécanique, ne trouvant son rythme que dans le dernier quart d’heure. Délaissant son héros, il y dévoile alors les conséquences de l’enlèvement sur l’ensemble de la société et conclut son histoire par un lynchage populaire aussi violent qu’inattendu. Une verve mordante que l’on aurait souhaité sentir sur l’ensemble du film. _C.L.