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Dom Hemingway

Richard Shepard (The Matador) nous revient avec un divertissement pour le moins déjanté. Accompagné par une BO très rock, servi par des dialogues enlevés et délirants et par une photographie on ne peut plus colorée, Dom Hemingway oscille entre comédie endiablée et quête initiatique. Dans le rôle-titre, on retrouve un Jude Law en grande forme, véritable fauve sorti de sa cage. Affublé de rouflaquettes, bedonnant, il compose un personnage unique, loser à la fois pathétique et terriblement touchant, naviguant entre mégalomanie et spleen, tour à tour obscène et pitoyable. Sorti de prison, il retrouve son ancien complice, l’improbable Dickie (Richard E. Grant), sapé comme un truand de Las Vegas, amputé d’une main (s’il porte un gant noir, ce n’est pas par effet de mode !) sorte de Sancho Panza pour cet antihéros au verbe haut, qui enchaîne les dialogues emphatiques – mais néanmoins percutants – comme on déclamerait du Shakespeare. Le drame de Don Hemingway, c’est que la loyauté dont il a fait preuve envers le milieu, en gardant le silence, l’a privé de sa liberté et l’a empêché de s’occuper de sa femme, malade, qui en est morte. Son salut ne viendra donc pas d’un dédommagement financier, mais du fait de renouer avec sa fille, et d’occuper enfin sa place de père. Le film distille d’ailleurs une certaine mélancolie, notamment lors des séquences entre Dom et sa fille Evelyn (la touchante Emilia Clarke, bien connue des amateurs de la série Game of Thrones). À l’instar de son héros, Dom Hemingway peine parfois à trouver son équilibre et souffre de son grand écart tragi-comique, mais reste un divertissement tout à fait honorable. _P-J.M.