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Dodgem

Comment dire… ? La simple lecture du résumé peut donner une idée du désarroi dans lequel se trouve l’humble critique au moment d’exprimer un jugement sur une telle œuvre. En exergue : une citation de Baudelaire. Puis, un jeune homme encagoulé dit à son miroir, lance-pierre au poing : “Je vais vous tuer un par un”. S’ensuit une longue série de plans fixes de personnages plus ou moins oisifs. On devine ensuite un début d’intrigue. Vanessa, bloquée à Beyrouth, doit cohabiter avec Nour, jeune homme bizarre et agressif. Puis vient la scène où quatre abrutis agressent un homme dans la rue. On retrouve le lance-pierre ; la victime est hors-champ et les pierres pleuvent jusqu’à ce qu’on ne l’entende plus crier. Plus tard, on voit Nour, habillé en femme, tirer à tout va dans la rue, le tout au ralenti. De temps à autre, une réplique : “Tu souffres ou tu jouis ?” demande Vanessa à son hôte. Tout cela ponctué de crachats, de rires débiles, d’allusions à la guerre. La question est peut-être d’abord de savoir à quel projet on a affaire. Si c’est de la fiction, c’est très mauvais. Mis à part un usage plutôt intéressant du hors-champ, il n’y a, dans une perspective narrative, pas grand-chose à sauver de ce long métrage incompréhensible et passablement ennuyeux. Si c’est un essai “expérimental”, c’est-à-dire un film non narratif, la grille de lecture est alors différente ; on a affaire à un travail poétique et non à une histoire racontée selon des codes familiers. S’agit-il d’une méditation sur un Liban déchiré entre violence et quête d’identité ? Peut-être certains esthètes y trouveront-ils leur compte. Les autres hésiteront entre rire et consternation. _G.R.