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Dix-sept Ans

Jean-Benoît a dix-sept ans quand il commence son apprentissage en alternance en centre de formation et dans un garage. Mais les conflits sont tels chez ce jeune garçon que, en proie à une violence intérieure qui le submerge, il se révolte contre l’entreprise, contre ses professeurs, contre sa mère. Jean-Benoît est renvoyé. Il décide de se présenter tout de même à l’examen du C.A.P. de mécanicien. Avec le réalisateur, il se confie parfois, révélant par bribes ce lourd passé qui l’obsède : ses parents qui se déchiraient depuis toujours, l’alcoolisme de son père, la séparation, puis quelques années après, le formidable espoir de revoir père et mère redémarrer une nouvelle histoire qui s’achèvera par le placement des enfants en foyer et le suicide du père. Une mort enfouie, trop douloureuse, que le cinéaste parviendra patiemment à faire dire, en retournant sur les lieux du bonheur fugace, cette maison de campagne où la famille s’était reconstruite. Au fil des rencontres se dessine la véritable béquille de ce jeune homme en mal-être : Héléna, fidèle et patiente, qui couve de son amour son tendre rebelle. Reste la violence, qu’il expulse par une conduite sauvage en forêt : jeu dangereux avec sa vie. La spirale de l’échec : il oublie de se présenter à la première épreuve du C.A.P. ! Il s’accroche et se présente aux épreuves pratiques. Il obtiendra finalement son diplôme.Didier Nion réalise ici un documentaire qui démarre comme un portrait et se révèle peu à peu une enquête lucide sur les adolescents d’aujourd’hui avec un Jean-Benoît malmené par les tourments de son âge, juste un peu plus perdu que la plupart des autres jeunes de son âge. Le réalisateur a beaucoup travaillé sur les plateaux de cinéma et de télévision comme technicien. Avec sa caméra vidéo, il a tourné sept films avant ce DIX-SEPT ANS. Rarement il a été donné de voir un portrait d’adolescent réalisé avec autant de pudeur et de justesse. On pense à l’essai de Claire Simon (800 KM DE DIFFERENCE, en 2002) qui était moins abouti. La proximité du spectateur, témoin privilégié du parcours des deux adolescents est un atout formidable, qui permet d’appréhender les contradictions propres à cet âge.Si l’on n’adhère pas au principe, on est piégé, et de spectateur passionné, on se retrouve voyeur, mal à l’aise. Bien sûr, l’avenir n’est pas rose, et sans doute le jeune homme trébuchera encore. Mais, et c’est ce qui est sublime, ce petit film est porteur d’un fol espoir : il témoigne de ces jeunes en déserrance auxquels il faut sans cesse tendre la main parce qu’un jour, qui sait… !C.C.