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Des Lendemains Qui Chantent

Des lendemains qui chantent décrit la longue glissade de la Gauche, de 1981 à 2002. Le programme est vaste et casse-gueule, mais heureusement Nicolas Castro, ayant tiré aussi les bons enseignements de la comédie italienne, l’aborde avec légèreté, modestie et finesse. Décontracté et sûr de ce qu’il a à raconter, le film assume notamment avec fraîcheur sa grosse part d’invraisemblance. Par exemple, la manière dont tous les errements de l’époque trouvent systématiquement à s’incarner dans les personnages. Ou le fait que ceux-ci ne vieillissent pas et se contentent d’aller chez le coiffeur. Bien qu’étrange, cet effet est finalement bénéfique au film, qui évite ainsi de se perdre en lourdes considérations sur le passage du temps, le vieillissement des corps et l’assèchement des cœurs, et peut se montrer clair sur le fait que le parcours qu’il décrit est avant tout celui d’une société. Ainsi, quand le personnage d’Olivier dit “ce n’est pas moi qui ai changé, c’est l’époque”, on peut y voir une très classique manière de s’arranger avec sa conscience, mais aussi y entendre une part de vérité. Bien qu’il mette en scène un jouissif carnaval d’impostures, de lâchetés, de mesquineries et de reniements (aussi bien avec de réjouissantes caricatures de July ou Joffrin qu’avec d’authentiques archives de Tapie, BHL ou Mitterrand), Castro n’accable pas ses personnages, et ne suggère jamais qu’il ait pu exister une “voie du bien”. Ainsi, il peut être à la fois cinglant et juste. Certes, l’ensemble n’est pas exempt de maladresses (le personnage de L. Casta, par exemple, se révèle trop fonctionnel et artificiel), mais voilà en tout cas un film qui donne du plaisir tout en donnant à réfléchir. _N.M.