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Des Chevaux Et Des Hommes

Ce film singulier nous plonge au cœur d’un petit village d’Islande, au travers d’historiettes aux tons variés, allant du burlesque au tragique, mais tournant toutes autour des chevaux. La vie des villageois semble indissociable de celle de ces animaux, qui sont à la fois leur moyen de transport, leur première ressource économique et leur fierté. Chaque petite fable s’ouvre sur l’œil d’un cheval, ainsi que sur ce qui s’y reflète. La bête est ici le témoin de la condition humaine dans ce qu’elle a de plus fragile ou de plus grotesque : orgueil meurtri du cavalier humilié, bisbilles délétères autour d’une clôture, touriste égaré dans la neige… Ces anecdotes, qu’on imagine volontiers racontées à la veillée par les anciens, ont par endroits une tonalité satirique, mais ne sont ni réellement cruelles, ni particulièrement morales. Elles disent simplement, par petites touches, la rudesse et la culture d’un lieu, et les us et coutumes de ses habitants. Formellement, le réalisateur a joué la carte de la sobriété, avec très peu de dialogues, de plans et de mouvements de caméra, et des séquences assez courtes. On est à la jonction du réalisme et de la fantaisie, de la chronique et du conte. On peut regretter cependant que le récit, penchant vers la fable, accouche d’un film en fin de compte assez froid et distant, au rythme morne et aux personnages peu attachants car à peine esquissés. Les chevaux, quant à eux, filmés de loin ou sans attention particulière, sont étonnamment sous-exploités visuellement. S’ils sont bien le fil conducteur du film, l’auteur ne sait pas capter leur présence physique. À de rares exceptions près, le cheval est ici objet et non sujet. Curieux paradoxe. _G.R.