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Deepsea Challenge 3d

Les fonds océaniques demeurent un mystère. Tout petit déjà, James Cameron rêvait de partir à leur conquête. Reconstitution : on voit James, 9 ans, accroupi dans un carton dont il a percé l’une des faces à la manière d’un hublot. Alors que le monde entier avait les yeux rivés vers l’espace, le petit James, lui, suivait les aventures de Don Walsh et Jacques Piccard qui, à bord du Trieste, en 1960, étaient allés plus loin que quiconque dans les fonds sous marins : à 10916 mètres. James eut depuis la carrière que l’on sait, laquelle est, d’ailleurs, évoquée par le biais de nombreux extraits d’Abyss, de Titanic et d’Avatar. Et aujourd’hui enfin il peut se consacrer à son rêve d’enfance : plonger seul à l’endroit le plus profond de la planète. On nous présente l’appareillage qui permettra l’aventure : James sera dans une sphère métallique, au centre d’un submersible, le Deepsea Challenger, sorte de torpille verticale, elle-même embarquée à bord du Mermaid Sapphire. On nous dresse la longue liste des périls encourus par Monsieur Cameron : c’est assurément très dangereux et Suzy, son épouse, en tremble ! En outre, James est père de cinq enfants : a-t-il le droit de risquer ainsi sa vie ? Mais, être père, nous explique l’intéressé, ce n’est pas être une simple présence : c’est aussi montrer l’exemple… Suivent des extraits de ses précédentes explorations des épaves du Titanic et du cuirassé Bismarck (les deux plus beaux moments du film). Puis on commence les tests. Plongée 1, 2, 3 : rien ne marche, tout est branché à l’envers ! Suspense. Quelle folie et quel courage aussi, car James est un battant. Deux membres de l’équipage décèdent lors d’un accident d’avion. Stupeur. Période de doute. Faut-il vraiment continuer ? Mais oui, afin de donner un sens à la mort des victimes ! On s’arrête en Nouvelle-Guinée, le temps d’un petit cours sur la tectonique des plaques. Et on repart : plongée 5, plongée 8, nouveaux problèmes… On arrive enfin à destination, à quelque 10 000 mètres au-dessus de la Fosse des Mariannes. Au bout d’1h15 de film, l’aventure peut enfin commencer. On amorce la plongée : panne de ballast, James décide de faire sans. Le Deepsea Challenger file à 4,6 nœuds vers les profondeurs… Passés 8 000 mètres, aucun espoir de sauvetage en cas d’incident. Il relâche des plombs, pour ralentir l’allure… Altitude 0 : il a touché le fond ! 10898 mètres ! Hourra ! Et là, on découvre… qu’il n’y a rien. Pas de monstres marins, pas de poissons translucides : rien qu’une immense étendue de sable. James colle son visage au hublot, il veut le voir de ses yeux. C’est le moment que choisissent les cinéastes pour insérer un plan de James, 9 ans, qui regarde à travers le hublot improvisé de son sous-marin en carton. James remonte sous les applaudissements de l’équipe ; le spectacle est terminé. Là où un Werner Herzog se serait émerveillé des heures durant du spectacle de la nature, notre trio de réalisateurs semble se préoccuper d’avantage de faire l’hagiographie du héros Cameron, qu’il assortit de leçons de morale pas franchement transcendantes et de quelques plans de poissons. C’est un peu court, James ! _P-J.M.