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De Guerre Lasse

Traumatisé par quatre ans de Légion étrangère, un jeune homme regagne incognito Marseille, qu’il avait dû fuir après avoir tué le frère du parrain local. Son retour agit comme un révélateur explosif, faisant voler en éclats tous les équilibres qui s’étaient instaurés (en affaires, en famille) pendant son absence… Premier long métrage d’un réalisateur qui officiait jusque-là à la télévision (notamment sur M6), De guerre lasse ne manque pas d’ambition, empruntant tout autant à la mythologie du film noir qu’à la tradition de la tragédie antique. Pris au piège de leurs propres agissements, les personnages sont ainsi contraints à une catharsis qui, à défaut d’être totalement libératrice, s’avère d’une violence sans concessions. Malheureusement, confondant rythme et précipitation, le scénario est des plus mal taillés. Ses épaisses coutures craquent de toutes parts sous la pression d’un trop-plein d’intentions sociologiques (le microcosme des pieds-noirs de Marseille), politiques (le refoulé de la guerre d’Algérie) et psychologiques (inceste frère/sœur, crise identitaire, complexe d’Œdipe mal digéré). Visiblement plus à l’aise dans l’action que dans le portrait, dans le silence que dans la parole, le réalisateur Olivier Panchot échoue à donner chair à ses personnages, les acteurs devant enchaîner, à coups de dialogues lourdement explicatifs, les scènes de révélation (“Je suis ton père”, “Tu m’as trahi”), comme autant de climax improbables, dont l’effet retombe aussitôt. Restent une percutante vision de Marseille, oppressant terrain de jeu pour caïds, et l’étonnante prestation physique de Jalil Lespert, tout en muscles et en tensions. _C.L.