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Dancing In Jaffa

Ils s’appellent Noor, Lois, Alaa… Ils sont juifs, musulmans, chrétiens. De culture, de religion mais aussi de milieux sociaux différents, ces enfants vivent tous à Jaffa, cité déchirée depuis plusieurs années par les tensions entre les différentes communautés. Alors qu’il n’est pas revenu à Jaffa depuis son enfance, Pierre Dulaine s’y rend en 2011 avec l’objectif d’enseigner la danse de salon à ces enfants israéliens et palestiniens. Son but est de rapprocher les communautés et d’enseigner, à travers la danse, le respect et la tolérance. Malgré les différences profondes évoquées plus haut, en dépit du ressentiment qui agite les un et les autres, Dulaine réussit à convaincre cinq écoles juives, arabes et mixtes de participer à ce programme. Après dix semaines de cours, 84 enfants seront sélectionnés pour la compétition finale. Grâce au danseur, Hilla Medalia, la réalisatrice, a pu filmer ces cours et nous faire partager les progrès de ces enfants et les rapprochements entre les communautés. La cinéaste, qui n’intervient jamais, ne se contente pas seulement de filmer les cours. Elle se focalise sur trois enfants, leur famille, une enseignante et Pierre Dulaine. Ce dispositif lui permet d’introduire le personnel dans le collectif et de provoquer à plusieurs reprises de réelles émotions. Les pleurs de Noor sur la tombe de son père, la traversée du check-point par Alaa et sa famille pour se rendre de l’autre côté de la frontière, les réticences des parents palestiniens à voir leurs filles danser avec des garçons, la déception des enfants non retenus pour la compétition finale… Autant de moments forts, saisis par une caméra restée extrêmement discrète. Ce faisant, Dancing in Jaffa témoigne avec brio du pouvoir de l’art face à des communautés plongées dans la ségrégation et la haine de l’autre. C’est là, selon Dulaine, que réside toute la beauté de la danse de salon : amener deux personnes à se déplacer en ne faisant qu’un. Avec la musique, les pas à respecter, cela nécessite, pour réussir, une confiance absolue dans son partenaire : la danse est un moyen d’apprendre à connaître et à respecter une personne. Le film met également en lumière l’entreprise de Dulaine, formidable pédagogue qui, tout au long de ces dix semaines de cours, parvient à tisser des liens entre les communautés, à l’image de la dernière séquence où, à l’occasion de la compétition, toutes les familles israéliennes et palestiniennes sont assises les unes à côté des autres. Ainsi, bien que le conflit israélo-palestinien soit la toile de fond du documentaire, celui-ci ne cherche pas à distiller du pathos, et encore moins à imposer un message politique. C’est avant tout le portrait d’un homme au courage et à la détermination inébranlables. Mais également celui d’une ville – très complexe sur le plan culturel et social – et de ses habitants. Dancing in Jaffa est donc un film touchant et plein d’espoir. Ce programme de danse, créé il y a vingt ans et présent aujourd’hui dans trente-et-une villes de cinq pays, continuera, on le souhaite, à briser les barrières comme à réunir les individus. _A.E.