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Cristo Rey

Prendre l’île d’Hispaniola pour décor, c’est risquer de céder à des clichés faciles, en raison de la situation singulière de l’endroit, que se partagent deux États. D’un côté, un paradis fiscal, la République dominicaine, dont les plages et les banques offshore cachent des quartiers aux mains des narcotrafiquants, et de l’autre Haïti, l’un des pays les plus pauvres au monde. Il y a là matière à tourner des films à thèse, des récits d’action ou des drames larmoyants. Tels ne sont pas les partis pris de Leticia Tonos, native de l’île, qui décide d’inventer un univers pastel et chantant en prenant pour décor les ruines d’un territoire pourtant plein d’avenir. Le film repose sur un paradoxe : la confrontation entre une histoire rose bonbon et un environnement ultra violent. La cinéaste, retenant la leçon de Jacques Demy, a choisi comme l’auteur d’Une chambre en ville de voir dans le chant et la danse des actes de subversion. Cette référence au mélo, ces clins d’œil au genre musical sont évidemment ce qu’il y a de plus touchant dans Cristo Rey qui, avec ce récit d’un amour impossible, court à tout instant le risque de basculer dans la mièvrerie. D’autant qu’il est handicapé, notamment, par une direction d’acteurs plus qu’hésitante, seconds rôles en tête. Pourtant le film, qui fait appel à notre côté fleur bleue, tient grâce à la complicité de ses deux jeunes tourtereaux (mention spéciale pour la jeune Akari Endo, qui prend plaisir à jouer l’ambiguïté de l’adolescence). Paradoxalement, donc, Cristo Rey emporte l’adhésion grâce à son côté bancal et, aspect non négligeable, sa bande-son, qui met en avant la richesse et la modernité de la musique caribéenne. _G.M.