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Condor : Les Axes Du Mal

Les forces armées et les carabiniers chiliens ont décidé d’accomplir une mission responsable et historique » : ainsi s’ouvre CONDOR, sur le message des assassins de la démocratie au Chili, en 1973. Pinochet, des milliers de morts, torturés, disparus (« Je préfère qu’il reste porté disparu plutôt que savoir ce qu’il a pu souffrir » dit sa femme à propos de l’une des victimes). Puis apparaît l’avocat Martin Almada, Paraguayen lui, torturé sous la dictature de Stroessner et qui, depuis, se bat pour retrouver exécutants et preuves. Il découvrit, en 1992, 400 000 documents dans un commissariat, y compris des enregistrements par les tortionnaires des cris de leurs victimes, dont les siens. Puis, R. Vázquez suit un militant chilien du MIR, Jorge Fuentes. Et apparaît ce qui fut, à partir du milieu des années 1970, le « Réseau Condor » : initiative chilienne, soutenue par les États-Unis (H. Kissinger, au premier plan), coordonnant la soi-disant lutte « antimarxiste » des dictateurs chilien, argentin, paraguayen, agissant avec d’autres pays (une véritable internationale). C’est un puzzle que reconstruit R. Vázquez. Du coup, on risque de se perdre un peu dans ce document militant. C’est un peu brouillon, la prise de son aléatoire rend parfois difficile la compréhension des témoignages : mais ceux-ci sont souvent d’une force ou d’une nouveauté passionnantes, à la limite de l’insoutenable, aussi. Voici Romo, chef d’un centre de tortures en plein cœur de Santiago, racontant tranquillement ses « exploits », toujours libre. Voici le colonel américain Bernard, qui rend hommage au livre déjà ancien du colonel français Trinquier, « La Guerre moderne », et voici aussi le général Aussaresses, tortionnaire « bien de chez nous », qui donna quelques cours aux États-Unis. Il y en a beaucoup d’autres. Le plus nouveau, côté bourreaux, est sans contexte celui de Manuel Contreras, bras droit de Pinochet, alias « Condor 1 », qui nie l’existence de Condor tout en justifiant son action à la lumière de la lutte que les États mènent maintenant contre le terrorisme ! Le titre, « Les Axes du mal », prend bien sûr le contrepied de la thématique « bushienne ». On ne peut que suivre l’avocat W. Baudon qui présente « Condor » comme la première mafia criminelle de chefs d’États de l’histoire. Mais les trois minutes où R. Vázquez évoque l’attentat du 11 septembre 2001 aux trois quarts du film, sans lien avec ce qui précède, sont d’une troublante ambiguïté. On voit un « chasseur de nazis » américain dont le propos, tronqué, est incompréhensible, puis le film de la destruction des tours, et enfin l’intronisation (provisoire) de l’inévitable Kissinger comme responsable de la commission d’enquête. Le 11 septembre serait alors un juste retour des choses ? Si telle pouvait être la pensée de Vázquez, cela oblitérerait sacrément le reste de son film !Ch.B.