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Computer Chess

Les revoilà, les tares bien connues d’un certain cinéma indé, ou plutôt de l’une de ses sous-catégories, la mouvance dite “mumblecore”, dont le premier long métrage d’Andrew Bujalski (Funny Ha Ha, 2002) aurait constitué l’acte de naissance. Le film ouvrait pourtant sur deux pistes a priori passionnantes. D’une part, le tableau d’une poignée de nerds introvertis et obsessionnels, marginaux pour certains, devenus les pionniers, puis les maîtres, d’un monde aux perspectives remaniées, tels les “découvreurs” de l’Amérique, ainsi que le suggère un personnage. D’autre part, la suggestion d’une révolution en cours, qui s’accommode, s’enrichit même, d’une quantité de données théoriques incompréhensibles pour les non-initiés : on sent là qu’il se trame quelque chose d’essentiel, au-delà de la simple question du jeu d’échecs, et dont les innombrables applications – militaires, politiques, économiques et pour tout dire quotidiennes – ne tarderaient pas à paraître, ce qu’accréditerait notamment, dès 1983, le Wargames de John Badham. Mais l’auteur se soucie bien trop de ses petits bricolages formels – la veine un peu usée du faux documentaire, vers lequel tend parfois le film ; des jump-cuts chichiteux ; une brève irruption de la couleur, dont on peine à percevoir le sens – et délaisse progressivement son beau sujet pour des à-côtés oniriques – l’hôtel où logent les programmeurs, envahi, à la nuit tombée, par une armée de chats… Surtout, se révèle en bout de course le regard surplombant porté sur les protagonistes : cette façon de feindre l’empathie et la curiosité, pour ensuite basculer dans une forme d’ironie teintée d’aigreur, finit par agacer. _T.F.