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Comme Le Vent

Certaines personnes portent leur destin inscrit dans leur nom. Il en va ainsi d’Armida Miserere, femme aimée, combattante, mais poursuivie par la douleur, qui fut l’une des premières femmes directrices de prison, dans une Italie en pleine époque “Mani pulite”, avec assassinats de juges et ambiance de plomb. Touché par sa fin tragique, le réalisateur Marco Simon Puccioni fait le portrait de celle qu’il qualifie de “femme d’État”. Une pure et dure, pour qui l’exécution de son compagnon signa la fin de ses illusions et ouvrit une blessure qui jamais ne se referma. Valeria Golino (Les Opportunistes) incarne magnifiquement cette âme désolée, rendant la force et les fêlures de son personnage. Mais, littéralement happé par la souffrance de son héroïne, Puccioni ne parvient pas à s’en dégager pour élargir son propos. L’impact de l’univers carcéral sur son monde intérieur, sa solitude de femme dans un milieu exclusivement masculin, ne sont jamais vraiment traités. Ils restent des éléments contextuels, alors même que l’on s’interroge sur la singularité du parcours et des choix d’Armida. Au lieu de cela, la réalisation s’attarde excessivement sur les scènes de jogging, les regards perdus au loin, les cigarettes compulsives. Atteint du syndrome “touche-à-tout”, déjà à l’œuvre dans ses précédents films, notamment Riparo (2007) avec Maria de Medeiros, Puccioni peine à trouver un angle qui lui soit propre. Entre film engagé et histoire d’amour, portrait intime et critique sociale, drame sentimental et récit historique, il refuse de choisir. Sa mise en scène passe d’un thème à l’autre, sans que jamais ceux-ci ne se complètent. Et ainsi, il passe à côté de son sujet. _I.B.