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Coming Home

Maître d’un cinéma des sentiments, Zhang Yimou délaisse les grandes fresques historiques (La Cité interdite) ou le film de sabre virevoltant (Hero) pour un récit intimiste, gardant néanmoins une toile de fond politique, qui serait dès lors peinte en aquarelle : le trait s’efface, mais la forme est bien visible. Le film entier est à cette image, tout en délicatesse muette, mais finalement assez disert sur la beauté des sentiments. Le mode mineur de la mise en scène laisse tout d’abord penser que Yimou est devenu un cinéaste vieillissant, à court d’inspiration, réduit à signer un soap déjà vu. Mais le tandem qu’il forme avec son ex- épouse et muse Gong Li depuis sa première réalisation, Le Sorgho rouge, en 1987, réserve encore bien des fulgurances. Le parti pris esthétique de l’auteur se lit en quelque sorte sur les traits marqués par l’âge de son actrice : sans artifice, sans maquillage, la caméra avance peau nue. La mise en scène feutrée de Yimou porte ainsi en elle son expérience passée et capte l’essentiel, tel un visage sur lequel on lit toute une vie et qui dégage une forme de sagesse. Il n’est pas si fréquent de voir une actrice de renommée internationale, sublime qui plus est, se livrer ainsi au public. Il est tout aussi courageux pour un auteur multiprimé de signer un pur mélodrame de chambre. Et la puissance dramatique n’est en rien réprimée car, ainsi dénudé, le sentiment amoureux s’exprime dans un premier degré très émouvant. L’œuvre se révèle enfin très sulfureuse, car ce que dit Coming Home, c’est bien que le totalitarisme détruit des vies et annihile toute progression, puisqu’en éloignant des êtres qui s’aiment il fige la mémoire et interrompt le temps à tout jamais. _Ch.R.