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Combattants

Confirmant le leadership de la Quinzaine des réalisateurs sur le terrain de la comédie (rappelons que la sélection a osé successivement Les Beaux gosses, Camille redouble et Les Garçons et Guillaume, à table !), Les Combattants a été la sensation du dernier festival de Cannes. Signé par un jeune cinéaste, dont la bonne réputation était déjà acquise dans le milieu du court, ce premier long métrage est d’autant plus irrésistible de drôlerie qu’il frappe juste (l’époque) et sonne doux (l’amour). Adèle Haenel y campe une drôle de fille, qui s’obstine à s’entraîner à survivre (l’époque, on vous dit) pour intégrer un escadron d’élite de l’armée. Pour la séduire – ou du moins pour pouvoir continuer de la regarder (là, c’est l’amour, donc) – un jeune garçon (Kevin Azaïs, jusque-là cantonné aux rôles de petites frappes) s’inscrit au même stage d’entraînement qu’elle, bien que la demoiselle soit aussi aimable avec lui qu’un colonel le serait avec un déserteur. Habituée aux rôles plutôt dramatiques (le dernier en date, court mais intense, était celui de la sœur de Suzanne dans le beau film de Katell Quillévéré), l’actrice révèle un tempérament comique imbattable. Avec son débit ultra rapide et sa répartie instantanée, qu’elle accompagne d’un travail sur le corps fabuleux, elle n’est pas sans rappeler la Catherine Deneuve du Sauvage (elle a d’ailleurs été la fille de l’actrice dans L’Homme qu’on aimait trop de Téchiné). Formidablement écrit – Thomas Cailley était à la Fémis section scénario -, Les Combattants est un modèle d’équilibre, entre rythme, humour et émotion, le tout ancré dans une réalité sociale qui se dessine en creux plutôt qu’en surimpression. _Ch.R.