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Coldwater

S’il a le mérite de s’attaquer à un sujet fort (l’existence, aux États-Unis, de camps de redressement pour mineurs, échappant au contrôle des autorités fédérales, et dont on estime qu’ils auraient occasionné, depuis 1980, plusieurs dizaines de décès, qu’il s’agisse de suicides, ou des conséquences d’accidents ou de mauvais traitements), Coldwater perd en impact à s’agrémenter de flash-backs lourdement explicatifs (exposé du trauma du personnage, souvenirs d’instants doux et solaires, perdus à jamais, auprès de sa bien-aimée), autant qu’à basculer dans une surabondance de péripéties qui, pour être plutôt efficace, en amoindrit la portée documentaire. C’est ainsi le hiatus entre deux logiques, celle d’un témoignage sur un fait social et celle d’un divertissement à suspense, qui condamne Coldwater à l’anodin. D’autant plus que son casting de beaux gosses, au leadership assuré par le fade P.J. Boudousqué, sorte de clone de Ryan Gosling, peine à convaincre. Sans doute Vincent Grashaw, producteur de Bellflower, et dont c’est ici le premier film en tant que réalisateur, a-t-il craint que l’évocation seule d’une jeunesse plongée dans un milieu carcéral le cantonne au passage en revue de figures largement balisées, de Dog Pound (Kim Chapiron) à Les Poings contre les murs, pour ne citer que les plus récents. Dommage, surtout, qu’en guise de finale, faute de se contenter d’un massacre en règle – lequel valait déjà son pesant de sensationnalisme -, le récit sombre dans la surenchère. Quand le film cesse de bomber le torse – jusqu’à avoisiner les contrées du survival et du film d’horreur -, il lui arrive pourtant de capter quelque chose des rapports de force, complexes et ambigus, qu’entretiennent ses personnages. _T.F.