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Charlie’s Country

Charlie est devenu étranger à son propre pays, l’Australie. Cet aborigène vit à l’étroit, confiné dans un territoire délimité par les Blancs. Il essaie de s’en émanciper, en narguant la loi, en esquissant un retour à l’état de nature, ou en se noyant dans l’alcool. À chaque fois, la société blanche le récupère dans ses filets administratifs. Charlie est coincé ; c’est le constat désolé que fait le film. Charlie a déjà été blanchi par une autre culture que la sienne, il y a même contribué. Maintenant considéré comme une espèce en voie de disparition, il est protégé par ceux-là mêmes qui ont contribué à l’extinction de son peuple. Construit en deux parties, le film s’attache d’abord à montrer sur un ton goguenard comment il se faufile dans le monde des Blancs, et comment il s’applique à en tirer parti, tout en conservant une liberté de mouvement et de pensée. Puis Charlie quitte la “civilisation”, dans l’illusion d’un retour aux sources, et le ton devient plus grave. Mais la nature le rend malade et le rejette. Charlie’s Country, c’est d’abord David Gulpilil. Le voir se déplacer, rire, penser, peut amplement justifier la vision du film. Il a aussi coécrit le scénario avec Rolf de Heer, et on ne peut s’empêcher de penser que cette œuvre a des accents autobiographiques. La dimension manichéenne du film est excusable, mais il est dommage qu’il ne soit donné qu’à un seul personnage l’espace pour exister. Les autres, surtout les Blancs, ne sont en fin de compte que des esquisses. Certainement perfectible dans sa forme et son discours, Charlie’s Country ne manque pourtant pas de charme. On aurait apprécié qu’il sorte un peu plus de sa réserve. _J.C.